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Les processus de coordination des ressources entre organisations non gouvernementales (ONG) pour les opérations d'aide d'urgence humanitaire

Dufour, Muriel (2015). Les processus de coordination des ressources entre organisations non gouvernementales (ONG) pour les opérations d'aide d'urgence humanitaire. Thèse. École nationale d'administration publique, 504 p.

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Résumé

Chaque année, de nouvelles catastrophes se produisent. Leur impact est dévastateur et rend criante la nécessité d’avoir des opérations d’urgence efficaces. Or de nombreux problèmes apparaissent de façon récurrente, particulièrement en matière de coordination des ressources dans et entre les organisations non gouvernementales (ONG), acteurs majeurs dans les opérations d’urgence. Cette thèse s’intéresse aux processus de transferts de ressources intra et interorganisationnels des ONG d’urgence.

Sa base théorique repose sur les théories relatives aux échanges économiques et au contrôle des ressources, au pouvoir dans les échanges interorganisationnels, à la coordination et enfin à la capacité opérationnelle basée sur la flexibilité des processus comme facteurs essentiels de l’efficacité organisationnelle et des réponses d’urgence.

Pour combler un manque d’écrits scientifiques relativement aux ONG humanitaires, deux objectifs ont été fixés : 1) établir une typologie des ONG intervenant dans les opérations d’urgence basée sur la capacité opérationnelle reliée aux processus intraorganisationnels utilisés pour la gestion des ressources; 2) établir une typologie des ONG basée sur leurs processus interorganisationnels de coordination des ressources et sur l’intensité de cette coordination.

Une approche mixte transformative a été utilisée. Soixante-cinq entrevues ont été faites auprès de dix-huit ONG internationales, et auprès d’ONG nationales chiliennes intervenues après le tremblement de terre de 2010.

À l’intraorganisationnel ont été identifiés les processus permettant la circulation des ressources à l’intérieur de l’ONG (achats, gestion des dons, stockage, transport et distribution) et les processus de transferts de ressources entre ONG affiliées. Afin d’établir une typologie des ONG fondée sur la capacité opérationnelle donnée par les processus utilisés, un outil de mesure générique a été élaboré afin d’évaluer à un moment t la capacité opérationnelle d’une ONG ou d’un groupe d’ONG en général ou pour une réponse particulière. La capacité opérationnelle est mesurée selon cinq indicateurs : niveau de l’ONG qui gère le processus, moment du processus, type de ressources acquises, type de fournisseurs et type de donateurs. Quatre types d’ONG ont été dégagés, soit les ONG à capacité opérationnelle très élevée (type 1), élevée (type 2), faible (type 3) et très faible
(type 4).

À l’interorganisationnel, trois types de processus ont été identifiés : les processus faits en commun ou confiés à une autre ONG (achats, transport et stockage, distribution et évaluations), les processus impliquant un transfert de ressources à une autre ONG (prêts, échanges et dons) et les mécanismes résultant d’un accord entre ONG pour l’utilisation ou la répartition des ressources (répartition sectorielle/géographique des activités, standards communs, partage des informations et partenariats). Afin d’établir une typologie des ONG fondée sur l’intensité de leur coordination interorganisationnelle résultant des processus utilisés, un outil de mesure générique a été élaboré pour évaluer l’intensité de cette coordination d’une ONG ou d’un groupe d’ONG en général à un moment t ou pour une réponse particulière. L’intensité de la coordination interorganisationnelle a été mesurée à l’aide de trois indicateurs : 1) le niveau de l’organisation où est fait le processus, 2) l’imposition de standards par une ONG sur une autre et 3) le degré de formalisation du processus. Une typologie des ONG a dégagé quatre types d’organisations : les ONG à intensité de coordination interorganisationnelle très élevée (type A), élevée (type B), faible (type C) et très faible (type D).

Une analyse de regroupement (cluster analysis) a ensuite été faite en étudiant chacune des typologies proposées en regard de huit attributs organisationnels, soit la taille, l’origine, l’âge, l’obédience religieuse ou laïque, la philosophie et les valeurs, l’axe stratégique (ONG d’urgence pure ou avec des programmes mixtes d’urgence et de développement), la structure et le mode de financement. Les regroupements ainsi formés recouvrent en tout ou partie les types déjà proposés, à l’exception des attributs Obédience religieuse et Financement.

Enfin, une discussion a été introduite relativement aux apports théoriques et opérationnels des typologies proposées, dont l’essentiel est leur valeur explicative vis-à-vis d’organisations mal connues, les ONG humanitaires, et dans une certaine mesure leur valeur prédictive quant aux comportements que peuvent avoir les ONG humanitaires vis-à-vis de la gestion de leurs ressources. Les limites de ces typologies sont de deux ordres. Le premier est lié à la probabilité que toute la diversité des ONG humanitaires, lesquelles sont innombrables, n’ait pas été représentée dans notre échantillon. La deuxième limitation serait due au fait que d’autres facteurs puissent influer sur les processus, limitant de ce fait la valeur prédictive des typologies proposées.

Type de document: Thèse (Thèse)
Informations complémentaires: Par Muriel Dufour ; [sous la direction de la professeure Marie-Christine Therrien] Comprend des références bibliographiques. Publié aussi en version imprimée. Titre de l'écran-titre (visionné le 15 décembre 2015)
Mots-clés libres: ONG; coordination des ressources; typologie; capacité opérationnelle; intensité; processus
Déposé par: Mme Maureen Bannon
Date de dépôt: 02 févr. 2016 20:32
Dernière modification: 03 févr. 2016 19:07
URI: http://espace.enap.ca/id/eprint/35

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